Interview : Serge Hayat nous présente "L'Empire en Héritage", son premier roman

Bonjour chers lecteurs,

Et si vous pouviez réécrire l'histoire ?  Remonter dans le temps et redessiner le destin d'un personnage historique... 
C'est ce qu'a fait Serge Hayat qui nous présente son premier roman autour du destin réinventé de l'Aiglon, fils de Napoléon 1er. 

Bonne découverte !



Bonjour Serge, quelques mots pour vous présenter à nos lecteurs ?
Parcours classique du « bon élève » : Ecole Centrale, Essec, serial entrepreneur (j’ai créé, développé et revendu plusieurs sociétés). Depuis un peu plus de 10 ans, moi qui ai toujours été passionné de cinéma, je finance des films et des séries TV. J’enseigne à l’Essec où j’ai créé la Chaire Media & Entertainment.


Comment est née chez vous cette envie d’écrire une histoire autour de l’Aiglon, le fils de Napoléon 1er ?
Je suis passionné de Napoléon. Non pas tant pour son génie militaire que parce que je le considère comme l’un des plus grands entrepreneurs que nous ayons jamais eu : il a bâti le socle des sociétés modernes de plusieurs pays, avec à la fois une vraie vision européenne et un formidable souci du détail et de l’exécution.
En visitant le tombeau des Invalides, j’ai vu la tombe de son fils : une simple dalle surmontée d’une énorme statue de … son père en empereur romain ! Ça m’a intrigué et je me suis intéressé à son destin – ou plutôt à son non destin.
A sa naissance, il y a plusieurs jours de réjouissance pour acclamer le roi de Rome. Le monde lui est
promis, il doit devenir Napoléon II. Mais lorsqu’il a 5 ans, il est arraché à son père qui abdique et part en exil. Marie Louise l’emmène à Vienne à la cour de François 1er d’Autriche, son père. Puis elle repart faire sa vie ailleurs en l’abandonnant là. François, c’est comme ça qu’il s’appelle désormais, vit seul dans la prison dorée du triste château de Schönbrunn. 

Il reçoit l’éducation d’un prince autrichien et devient le duc de Reichstadt. Metternich veille à ce qu’on ne lui donne aucune fonction politique nulle part, jamais. On lui cache tout de son père qu’il fantasme bien sûr comme un génie plus grand que nature, qui le fascine et l’écrase à la fois. Il rêve d’un destin dont il ne se sent pas forcément capable. Il meurt abandonné de tous à l’âge de 21 ans en disant : « entre ma naissance et ma mort, il n’y aura eu qu’un grand zéro ».

J’ai voulu réparer cette injustice de l’histoire, ce contraste inouï entre l’un des destins les plus exceptionnels qu’un homme ait jamais eu et celui, vide, de son fils. J’imagine ce qu’aurait pu être sa vie à travers un voyage initiatique qui le mène de Vienne à Paris et de Paris à Sainte Hélène, qui va lui permettre d’affronter son destin.



Dans le cadre de vos recherches pour votre livre, vous avez été à Sainte-Hélène. Qu’avez-vous ressenti en arrivant là-bas ? Qu’avez-vous retiré de ce voyage ?
Saint Hélène est sur une ligne Rio (Brésil) Le Cap (Afrique du Sud), perdue au milieu de l’Atlantique Sud. Pour y aller, il faut aller au Cap puis faire 5 jours et demi de bateau dans un isolement total car cette route autrefois fréquentée (route des Indes) ne l’est plus depuis le canal de Suez. Tôt le matin du sixième jour, vous montez sur le pont, il fait encore nuit et, dans la pénombre, vous voyez surgir une masse sombre ; le jour se lève, Sainte Hélène est devant vous, avec ses falaises noires qui tombent à pic dans la mer (c’est une île volcanique). Vous ne pouvez pas accoster avec le bateau à Jamestown, la petite capitale de l’île, étroite bande de terre étranglée entre deux massifs montagneux surmontés de forteresses et de canons ; le port est trop petit ; comme au temps de Napoléon, vous devez débarquer sur une chaloupe.



Aujourd’hui encore, il n’y a pas de téléphone mobile, les connexions internet sont archaïques, les pannes d’électricité fréquentes.



La maison de Napoléon est sur un plateau battu par la pluie et le vent : Longwood ; il y fait très humide. J’y ai écrit, dans la chambre même de Napoléon, une partie de l’Empire en héritage, grâce au formidable consul honoraire de France sur place.



Il y a encore peu de touristes et le fait d’avoir pris conscience de l’isolement de l’île grâce au trajet en bateau vous met immédiatement dans les dispositions de ce que Napoléon a pu ressentir : oppression, solitude, mort… Et encore, j’avais mon billet de retour !

Tant mieux pour les habitants de l’île et tant pis pour le charme du voyage : un aéroport desservira l’île dès avril prochain et la tirera de son isolement pour la première fois depuis 500 ans…


A travers votre livre et ses personnages, aviez-vous envie de faire passer des messages à vos lecteurs ?
Mon premier objectif est d’offrir une proposition de divertissement. Mais j’avais également envie de m’intéresser à un sujet très universel et contemporain : comment trouver un sens à sa vie quand on est un ado et que la pression familiale veut vous dicter votre destin ? 

On court souvent après de faux objectifs, qu’on croit désirer mais qui ne sont pas nos désirs à nous, qui ne sont que les désirs que d’autres, la famille souvent, projettent sur nous. Quand on n’atteint pas l’objectif artificiel qu’on s’est fixés, on est très malheureux. Et quand on a la chance de l’atteindre, on se rend compte que ce n’est pas forcément ce qu’on cherchait vraiment. 

On ne vit sa vie qu’une fois, c’est dommage de la vivre par procuration.


L’empire en Héritage est votre premier roman. Comment avez-vous vécu cette expérience ? Avez-vous envie de renouveler l’aventure ?
Beaucoup de plaisir, de souffrance aussi les jours où « ça ne vient pas ». Et beaucoup de travail. Il faut trouver le temps dans une vie professionnelle déjà chargée. J’ai plusieurs idées pour un second roman. C’est trop tôt pour en parler.


Cher Serge,

Je vous remercie beaucoup d'avoir partagé avec nous les coulisses de l'écriture de L'Empire en Héritage. Deux lecteurs enthousiastes (mon homme et sa maman !) ont attisé ma curiosité. Et me voici à mon tour en train de dévorer le livre. J'en suis la page 388, impatiente de connaître la suite... Bravo !

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Pour en savoir plus : 








Trois questions à Serge Hayat
Vidéo : Serge Hayat parle de son roman et sa méthode.
Posté par L'Empire en héritage sur lundi 21 septembre 2015

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